≈ [prEsque Égal À]

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Dans un contexte historique particulier, entre crise sanitaire, crise écologique et crise européenne, lancer un projet artistique porteur d'un message politique est un défi gigantesque.

Les travaux diffusés sur ce site constituent un documentaire réalisé par Lydie Guézengar, entamé en janvier 2022 et donnant à voir le processus créatif au long court de cette production. Toute oeuvre étant politique puisque témoin de son époque, en faisant le portrait de ces artistes et en créant une archive photographique de ce projet, il devient lui-même objet du sujet qu'il aborde, puisque donnant à voir sa propre lutte pour exister.

Bienvenue dans la web expo de ≈[Presque Égal À], pièce de théâtre écrite par Jonas Hassen Khemiri et présentée par la Compagnie du Mauvais Genre.

Le contenu de ce site est mis librement à la disposition du public selon les termes de la licence Art Libre. Pour en savoir plus, rendez vous en bas de cette page.

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Page du parcours de Christian Caro Page du parcours de Patrick Hauthier Page du parcours de Mary Léaument

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« LA SOCIÉTÉ OCCIDENTALE AGONISE. IL NE S’AGIT PLUS QUE DE LE FAIRE SAVOIR. LES MEILLEURS PARMI NOUS S’Y EMPLOIENT.

ILS NE JOUENT PLUS – SINON COMME ON SACCAGE, COMME ON TUE. ILS NE JOUENT MÊME PLUS À JOUER.

ICI ET LÀ, LE THÉÂTRE SE CONVULSE, BAVE, BALBUTIE, RÂLE, JOUE SA DÉCHÉANCE ET DÉJÀ SA MORT. TOUTE TENTATIVE D’EN RESSUSCITER LE PASSÉ, RECOUVRE UN MENSONGE OU UNE STUPIDITÉ...

PITIÉ POUR NOS ERREURS !

DÈS-LORS, PARLER DE QUOI ? À QUI ?... POURQUOI ? A LA QUESTION RITUELLE : POURQUOI CE CHOIX ? JE PEUX TRANQUILLEMENT RÉPONDRE : POUR NOUS GARDER LES YEUX OUVERTS. »

Gabriel Monnet

La genèse de l’écriture de Presque Égal À, c’est une commande du Théâtre Royal Dramatique auprès de Jonas Hassen Khemiri sur le thème « le monstre de Frankenstein » ; autrement dit, qu’est-ce qui est monstrueux et qui a été créé par l’Homme ? J.H Khemiri répond à cette question en créant une pièce qui traite du capitalisme et du libéralisme. Son rapport à la langue est donc éminemment politique. A la lecture de ”Presque Égal À”, et à cette façon que J.H Khemiri a de bousculer les codes attendus du théâtre, tout en travaillant une dramaturgie complexe dans une langue poétique, nous ne pouvons faire l’impasse de nous interroger sur nos métiers artistiques, ce qui fait théâtre actuellement et qui fait *le* Théâtre.

Nous citerons Bertold Brecht dans ”L’Art du comédien” : « Je vais d’abord parler de ta profession, de l’industrie du spectacle, du métier que tu as choisi d’exercer (...) Les théâtres vendent du divertissement, certains sous forme de culture. Tu es rémunérée (et employée) selon que tu rapportes au propriétaire de l’argent ou une réputation qu’il peut convertir en argent. Les théâtres d’État rémunèrent des services qui profitent aux idées dominantes, c’est à dire aux idées de ceux qui dominent, avec les impôts de ceux qui sont dominés. Il est bon que tu saches que tu es une employée comme une autre, comme celles, par exemple, que l’on engage pour servir à boire, mais ce n’est évidemment pas tout. Ceux qui ont conscience d’être asservis peuvent quelque chose à leur asservissement. »

À l’heure où nous avons fermé les théâtres, nous éloignant de notre outil de travail, de notre terrain laborantique, de notre espace de création ; à l’heure où nous avons épinglé le spectacle vivant comme « produit non-essentiel », il est plus que nécessaire pour nous, hommes et femmes de théâtre, de réinterroger le « faire » de nos métiers : Pourquoi nous faisons du théâtre ? Au-delà d’une approche narcissique, quels besoins avons-nous de monter sur scène ? Qu’est-il fondamental pour nous de dire et raconter sur une scène à un public ?

Brecht (et ce n’est pas pour rien que nous citons Brecht) répond à cette question : « Le désordre du monde, voilà le sujet de l’Art. Impossible d’affirmer que, sans désordre, il n’y aurait pas d’Art, et pas davantage qu’il pourrait y en avoir un : nous ne connaissons pas de monde qui ne soit en désordre. » Et quel désordre avons-nous mis ! Il est urgent de se rappeler que le théâtre est un lieu, un espace d’abord soucieux du devenir du monde et désireux de prendre sa part de responsabilité à l’émancipation de toutes et tous. C’est l’invitation de l’auteur : « Maintenant, levez-vous et parcourez le monde pour le changer. »

Le spectacle a cette spécificité, qu’il ne laisse pas d’objets, il ne produit pas de choses. C’est pourquoi on le dit vivant, puisqu’il passe, comme l’instant présent. Le théâtre ne se sépare pas de l’ici et maintenant. Cela est rappelé par l’auteur qui définit l’espace-temps de sa pièce par les mêmes termes : « Temps : maintenant ; Lieu : ici. »
Le théâtre est en soi un produit éphémère, d’où le décalage ironique de la scène d’introduction où J.H Khemiri, interroge par le biais du théorème de Caspar Van Houten, le ratio - plaisir du divertissement éphémère et coût d’investissement. Au moment où le libéralisme et l ‘économie de marché dictent nos conceptions artistiques, nous nous devons, « artisan-e-s de la Culture » de réinterroger cette donne. Pouvons-nous inscrire nos métiers et le spectacle vivant dans le modèle financier du libéralisme ? Le spectacle vivant est-il un produit de marché ?

Andrej, fraichement diplômé, se bat pour obtenir son premier emploi. Martina, issue d’un milieu social aisé, rêve d’une ferme bio mais est abonnée aux boulots minables. Mani, jeune universitaire brillant, est sans travail. Freya, tout juste licenciée, aspire à une revanche. Peter, SDF, est devenu expert en marketing de rue...

Renouant avec les pièces épiques et didactiques brechtiennes, Jonas Hassen Khemiri utilise l’humour pour décrypter le système économique.

Empruntant des formes variées, de la conférence à la voix intérieure, de la harangue aux dialogues mêlés, il entrelace, avec une ironie dramatique exemplaire dans un texte jubilatoire, les destins de ces figures si proches de nous. Tous contribuent à leur corps défendant à nourrir le capitalisme par leur consommation et leur quête d’un quotidien meilleur. Et tous subissent la crise d’un modèle financier à bout de souffle qui les fait s’affronter dans une compétition anonyme où chaque aspect de leurs vies est désormais régi par l’argent.

J.H Khemiri met en scène des personnages en lutte avec eux-mêmes, avec une société qui agonise, pris dans leur rapport au monde et dans les concessions que ce monde les oblige à faire. En cela ils nous renvoient à notre époque, et notre propre rapport au monde où nous nous débattons en permanence avec les démons que nous avons créés. Néanmoins, tout cela est dit, raconté et joué dans la joie, avec nos contradictions, notre humanité et avec bonne humeur. Il s’agit donc d’une invitation à « danser gaiement sur les malheurs du monde. »

En cela, monter la pièce de J.H Khemiri nous invite à reconsidérer la place de l’acteur, le rôle du public, comment nous re-proposons le collectif, comment nous envisageons la création et la diffusion de nos spectacles, l’ensemble de nos conceptions du « faire » du théâtre. Dans nos partenaires envisagés et choisis, nous souhaitons un soutien accès sur la diffusion du spectacle. Nous travaillerons tout au long de la création dans un souci de médiation culturel. Cela correspond à la volonté de la Compagnie d’ancrer son travail sur un territoire local ; et pour se faire nous sommes convaincu-e-s de la nécessité du collectif, à savoir être accompagné par une équipe artistique et technique investi. Il est important de se rappeler que notre rôle, notre métier, n’est pas la création d’un produit, mais de penser un projet artistique, autant dans sa dynamique esthétique que politique, dans la durée et dans tous ses aspects.

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| Ambiance de travail |

| Intro Scène 1 |

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« Ne sommes-nous pas précipités dans une chute continue ? En arrière, de côté, en avant, de tous les côtés ? Y’a t-il encore un haut et un bas ? N’errons-nous pas comme à travers un néant infini ? Ne sentons-nous pas le souffle du vide ? »

Nietzsche - Le gai savoir.

Ça commence par une chute... un homme tombe et c’est le monde qui tombe avec lui, déclin d’un monde, d’un système économique à bout de souffle.

Ce récit acide et jubilatoire nous confronte de façon poétique à nos propres démons, à savoir notre besoin sans fin de consommer, de posséder pour compenser nos peurs peut-être, ou simplement pour exister ici et maintenant.

Décryptant un système économique pervers où l’ombre dévorante de « Mammon », déesse de la richesse matérielle et de l’envie, plane, Jonas Hassen Khemiri impose un rythme incisif tout au long du récit « empruntant des formes variées, de la conférence à la voix intérieur, de la harangue aux dialogues mêlés ».

Entre stand up et incarnation, les personnages tentent de se sortir, de se trouver une place dans les mécanismes, et des rouages qui les laissent sur le bas côté.
C’est insolent, politique, drôle !

Il y a ceux qui gagnent et ceux qui craquent !

Frédérique Antelme - Metteure en scène

Rêve de scénographie.
Être dans le même bateau.
L'espace scénique pour « Presque Égal À » ne sera pas forcément frontal.

Dans cette première période de création, j'aimerai proposer à l'équipe d'expérimenter un dispositif éclaté, abolissant la frontière entre le public et les comédiens. Il n'y aura pas de hors cadre et les éléments techniques du théâtre seront à vue. Pas de cage noire non plus, le lieu nu, tel quel.

Le texte dénonce le système capitaliste et notre implication qui le maintient en vie, même moribond, même si nous en sommes victimes. Cette immense contradiction doit se traduire dans la position du public moins confortable que dans le noir de la salle.

Le théâtre de Jonas Hassen Khemeri bouscule les règles du théâtre. La dramaturgie est très complexe et interroge en permanence la « véracité » de ce que l'on voit. Il n'hésite pas à multiplier les points de vues contradictoires sur une même scène. Mais son théâtre est aussi très ancré dans « l'ici et maintenant » avec la simplicité des moyens du théâtre pour le raconter.

Il n'y aura pas d'illustration des lieux très concrets dans lesquels les scènes se déroulent (Agence Pôle emploi, appartement, bureau de tabac...). Les costumes également seront en décalage par rapport à la réalité sociale, pour éviter le cliché et laisser la langue et les comédiens la prendre en charge.

Il y aura quelque chose de radical et de pauvre. Il y a l'envie également d'avoir un espace en équilibre instable, toujours proche de la chute. C'est avec toutes ces expériences concrètes que se construira le dispositif final pour faire entendre le texte au plus proche de nos rêves.

Vincent Debats - Scénographe

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Dossier de présentation artistique

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Lorsqu'on chute de cheval ou de vélo, on dit qu'il faut immédiatement remonter en selle pour empêcher la peur, qui survient juste après, de nous paralyser. Quand on est fauché par un courant contraire en se baignant au bord de la mer, on dit aussi qu'il ne vaut mieux pas lutter mais plutôt se laisser emporter. Je pense aussi aux gens quand ils tombent et qu'ils rient, peut-être pour s'empêcher d'être ridicule, ou parce que justement c'est ridicule et qu'il vaut mieux en rire, comme d'un spectacle, même si on s'est fait mal.

Et il y a la chute, inéxorable, historique, systémique, où tout le monde tombe, en même temps, entraîné par une même lame de fond, et où personne ne sait à quoi se raccrocher pour s'empêcher de se noyer. Chacun et chacune, les yeux fermés ou grands ouverts, en plongeant, en planant ou en agitant des bras affolés, en chantant, en criant ou peut-être en étant déjà évanouis.

Le bonheur, l'amour et le désespoir ont ça en commun, d'inviter à se laisser porter, en jubilant, riant ou pleurant, de la poésie du moment et de sa beauté. Ne dit-on pas de la jouissance ultime que c'est une petite mort ? Mais par quel instinct devenons-nous spectateurs fascinés par notre extinction, subjugués par l'esthétique de notre propre disparition ?

Lydie Guézengar - Photographe

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